Christian Montcouquiol NIMEÑO II

Publié le par vingtpasses

Dans le dernier bulletin périodique du CERCLE TAURIN MONTALBANAIS est paru un article sur la carrière du regretté Christian Montcouquiol Nimeño II. Avec son autorisation, je reprends dans ces lignes ce précieux florilège de références sur la vie de ce torero regretté, trop tôt disparu mais encore bien présent dans notre mémoire d'aficionado.

Charles CREPIN

Christian Montcouquiol NIMEÑO II

Christian MONTCOUQUIOL est né à SPIRE (RFA) le 10 mars 1954 . Très jeune orphelin de père il est le frère d’Alain (Nimeño I). Le 30 mars 1967, Christian se présente en public pour sa première « Capea » à TARASCON. Pendant les deux années qui suivent, celui qui sera bientôt NIMEÑO II, participe avec son compère CHINITO à une cinquantaine de « Capea » devant du bétail le plus souvent « camarguais ». C’est l’époque des novilladas « économiques », sin caballos pour tous les aspirants toreros français. Le mundillo espagnol reste protectionniste, le public et les toros restent eux bien français !!!

Contre vents et marées, Christian poursuit sa route avec un première novillada non piquée à SAINT GILLES le 19 Juillet 1969.

Les années 1970, 1971, 1972, s’écoulent entre « Capeas » et quelques novilladas « sin caballos ». L’impatience, le sentiment d’injustice jusqu’à la révolte, conduisent Christian à jouer à l’ « Espontaneo ». Le 3 avril 1972, il saute en piste à ARLES devant un toro d’Atanasio Fernandez dévolu à J.M. MANZANARES.

La première novillada piquée à lieu à LUNEL le 28 Mai 1972. Son ami CHINITO est lui aussi au « cartel ».

En 1973 et 1974, rien de nouveau sous le soleil : peu de contrats…  

Le 17 Mai 1975 Christian va jouer sa carrière à quitte ou double. A NÎMES en compagnie de Luis Francisco ESPLA et de MACANDRO, malgré un manque évident de « toreo » NIMEÑO II va triompher. Les triomphes vont alors s’enchainer et se répéter en 1976 et Christian sera élu meilleur novillero de l’année. 

En 1977, les arènes espagnoles (VALENCIA, BILBAO, SARAGOSSE, BARCELONE, SEVILLE) ouvrent enfin les portes et Christian coupe deux oreilles à MADRID.

Le 28 Mai 1977 c’est l’Alternative à NÎMES bien sur.

Ironie de l’histoire c’est J.M. MANZANARES qui en est le témoin !!!

Deux jours plus tard, première blessure grave à BARCELONE et après quelques semaines d’indisponibilité, Nimeño II revient dans la capitale catalane pour y gagner le trophée de triomphateur de la « temporada ».

De 1978 à 1989, Christian établit une très longue liste de succès en France, en Espagne et en Amérique du Sud. De succès en triomphes la carrière de Nimeño II a la particularité de ne dénombrer aucun « fracaso ». Au Mexique, il est adulé et à CANCUN on lui élève une statue de son vivant…

Le 14 mai 1989, Nimeño II va écrire un des plus mémorables après-midi dans les arènes de NÎMES. L’affiche annonce un « mano a mano » avec Victor MENDES. Ce dernier est blessé d’entrée par son premier toro. Christian va affronter seul les six Guardiola Dominguez. De présentation exceptionnelle, grands, musclés avec des cornes impressionnantes, les « guardiola » ne sont pas des « bonbons ». Malgré le vent, Nimeño II va apporter un pur bonheur à l’aficion française avec 4 oreilles de poids et bien sur une sortie par la porte des Consuls.

Comme nombre de matadors français Christian a combattu plus souvent qu’à son tour les « Miura » et autre « Victorino ». Capeador, excellent banderillero, Christian savait servir de grandes faenas de muleta et à de rares exception il maniait parfaitement l’épée.

Le 10 septembre 1989, la « légende noire » va frapper. Dans les arènes d’ARLES, Pañolero, de la ganaderia Miura, avec des cornes au berceau démesuré, va faucher Christian au début de la faena de muleta. En retombant sur la nuque, celui-ci se brise en partie le rachis cervical. 

Christian Montcouquiol NIMEÑO II

Grâce au remarquable service médical des arènes d’Arles, et au transfert vers Marseille, Christian va ensuite commencer une très longue convalescence. Il récupère l’usage des membres inférieurs mais les dégâts causés, laissent des séquelles motrices. Le 25 novembre 1991,, réalisant qu’il ne fera plus le « paseo », Christian décide de solder tous ses comptes, transformant ainsi sa vie en destin, selon le mot de Malraux.

  • 42 novilladas sans chevaux
  • 68 novilladas piquées
  • 428 corridas de toros

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Outre le plaisir de lire une "bio" intelligente, C'est une joie de retrouver "VINGT PASSES, PAS PLUS"
Grand merci Charles.
A.
Répondre